Autodétermination
Plan marocain
Ambiguïté / Incertitude
Sahara Occidental
Positions africaines 2025
« Nous tenons pour inadmissible et condamnons sans recours le sort fait au peuple du Sahara occidental par le Royaume du Maroc. »
Thomas Sankara, discours à la 39ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations unies, 4 octobre 1984
La République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) est membre fondateur de l'Union africaine. Son existence institutionnelle au sein du continent traduit un choix politique des pères fondateurs de l'OUA : le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes n'est pas négociable. C'est ce principe qui a guidé la lutte de l'ANC, du MPLA, du FRELIMO, de la SWAPO — et qui unit encore aujourd'hui les États africains qui refusent de cautionner l'occupation coloniale.
La République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) est membre fondateur de l'Union africaine. Son existence institutionnelle au sein du continent traduit un choix politique des pères fondateurs de l'OUA : le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes n'est pas négociable. C'est ce principe qui a guidé la lutte de l'ANC, du MPLA, du FRELIMO, de la SWAPO — et qui unit encore aujourd'hui les États africains qui refusent de cautionner l'occupation coloniale.
Alors que la cause sahraouie s'inscrivait et s'inscrit toujours dans la continuité des combats anticoloniaux et du projet panafricaniste défendu par l'Organisation de l'unité africaine, le Maroc a choisi de quitter cette organisation en 1984 avant de solliciter, trois ans plus tard, son adhésion à la Communauté économique européenne, ancêtre de l'Union européenne. Cette trajectoire illustre une prise de distance avec l'idéal panafricain au profit d'un ancrage prioritairement tourné vers l'Europe.
Le récit d'une adhésion quasi unanime de l'Afrique au plan marocain d'autonomie ne résiste pas à l'examen des positions officielles des États. L'analyse des déclarations publiques montre un continent profondément partagé : une vingtaine d'États soutiennent le plan marocain, une vingtaine réaffirment le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et une quinzaine entretiennent volontairement une position d'équilibre. Ce paysage diplomatique est loin de traduire un consensus.
Cette distinction est essentielle. Le plan d'autonomie proposé par le Maroc constitue une solution politique, soutenue par un nombre croissant de gouvernements, mais il ne se confond pas avec une solution démocratique fondée sur l'exercice libre du droit à l'autodétermination consacré par la Charte des Nations unies et les résolutions relatives au Sahara occidental. D'un point de vue panafricaniste, la question dépasse le seul différend territorial : elle interroge la capacité du continent à demeurer fidèle au principe qui a accompagné toutes les luttes de libération africaines, celui du droit des peuples à choisir eux-mêmes leur destin.
Les communiqués diplomatiques présentés comme des « victoires » par Rabat méritent d'ailleurs une lecture attentive. Dans la plupart des cas, les États qui expriment leur soutien au plan marocain rappellent simultanément leur attachement au processus conduit par les Nations unies ou au principe d'une solution conforme au droit international. Autrement dit, ces prises de position ne constituent pas toujours une reconnaissance inconditionnelle de la souveraineté marocaine sur le territoire ; elles traduisent un compromis diplomatique, dicté par des considérations stratégiques, économiques ou sécuritaires.
La fragilité de ces positions tranche avec le caractère explicite des soutiens de la cause sahraouie aux principes de droit international que sont les libertés fondamentales et leurs droits à l'autodétermination. ces États n'émettent aucune condition ou réserve à ce soutien à la R.A.S.D. Cette asymétrie invite à relativiser le poids de ces déclarations pro marocaine alors présentées comme favorables aux positions marocaines.
Les réserves exprimées dans de nombreux communiqués ne sont pas anecdotiques : elles traduisent la conscience qu'une solution politique ne peut durablement s'affranchir de sa légitimité juridique. L'épisode de 2025/2026 en est une illustration. En cherchant à faire du plan d'autonomie marocain le cadre exclusif des négociations, l'administration Trump n'a pas obtenu la percée diplomatique escomptée. Une paix durable ne peut émerger d'un processus dont l'issue est prédéterminée par ceux-là même qui prétendent garantir un arbitrage neutre et impartial.
La géographie de ces soutiens n'est pas non plus anodine. Ils sont particulièrement concentrés dans des pays situés à l'Ouest du Continent, où les héritages institutionnels, économiques et monétaires de la période coloniale — notamment autour de l'ancien espace du franc CFA (en Afrique de l'Ouest et centrale) — continuent d'influencer les équilibres géopolitiques. Sans réduire les choix souverains de ces États à cette seule variable, cette réalité constitue un élément d'analyse important parmi d'autres, aux côtés des partenariats économiques, des investissements marocains et de ses premiers alliés dans ce processus de normalisation de colonisation (Accords d'Abraham) ainsi que des coopérations sécuritaires développés depuis deux décennies notamment avec leur soutien.
Ce constat invite enfin à relativiser l'idée selon laquelle la question sahraouie serait définitivement tranchée sur le continent. Les positions africaines demeurent évolutives, parfois nuancées, parfois réversibles. Le rapport de force diplomatique reste ouvert. Cette absence de consensus rappelle qu'au-delà des rapports de puissance, le débat continue d'être structuré par une interrogation fondamentale : celle de la place que l'Afrique entend accorder, aujourd'hui encore, aux principes anticoloniaux qui ont fondé son unité politique.
Cette distinction est essentielle. Le plan d'autonomie proposé par le Maroc constitue une solution politique, soutenue par un nombre croissant de gouvernements, mais il ne se confond pas avec une solution démocratique fondée sur l'exercice libre du droit à l'autodétermination consacré par la Charte des Nations unies et les résolutions relatives au Sahara occidental. D'un point de vue panafricaniste, la question dépasse le seul différend territorial : elle interroge la capacité du continent à demeurer fidèle au principe qui a accompagné toutes les luttes de libération africaines, celui du droit des peuples à choisir eux-mêmes leur destin.
Les communiqués diplomatiques présentés comme des « victoires » par Rabat méritent d'ailleurs une lecture attentive. Dans la plupart des cas, les États qui expriment leur soutien au plan marocain rappellent simultanément leur attachement au processus conduit par les Nations unies ou au principe d'une solution conforme au droit international. Autrement dit, ces prises de position ne constituent pas toujours une reconnaissance inconditionnelle de la souveraineté marocaine sur le territoire ; elles traduisent un compromis diplomatique, dicté par des considérations stratégiques, économiques ou sécuritaires.
La fragilité de ces positions tranche avec le caractère explicite des soutiens de la cause sahraouie aux principes de droit international que sont les libertés fondamentales et leurs droits à l'autodétermination. ces États n'émettent aucune condition ou réserve à ce soutien à la R.A.S.D. Cette asymétrie invite à relativiser le poids de ces déclarations pro marocaine alors présentées comme favorables aux positions marocaines.
Les réserves exprimées dans de nombreux communiqués ne sont pas anecdotiques : elles traduisent la conscience qu'une solution politique ne peut durablement s'affranchir de sa légitimité juridique. L'épisode de 2025/2026 en est une illustration. En cherchant à faire du plan d'autonomie marocain le cadre exclusif des négociations, l'administration Trump n'a pas obtenu la percée diplomatique escomptée. Une paix durable ne peut émerger d'un processus dont l'issue est prédéterminée par ceux-là même qui prétendent garantir un arbitrage neutre et impartial.
La géographie de ces soutiens n'est pas non plus anodine. Ils sont particulièrement concentrés dans des pays situés à l'Ouest du Continent, où les héritages institutionnels, économiques et monétaires de la période coloniale — notamment autour de l'ancien espace du franc CFA (en Afrique de l'Ouest et centrale) — continuent d'influencer les équilibres géopolitiques. Sans réduire les choix souverains de ces États à cette seule variable, cette réalité constitue un élément d'analyse important parmi d'autres, aux côtés des partenariats économiques, des investissements marocains et de ses premiers alliés dans ce processus de normalisation de colonisation (Accords d'Abraham) ainsi que des coopérations sécuritaires développés depuis deux décennies notamment avec leur soutien.
Ce constat invite enfin à relativiser l'idée selon laquelle la question sahraouie serait définitivement tranchée sur le continent. Les positions africaines demeurent évolutives, parfois nuancées, parfois réversibles. Le rapport de force diplomatique reste ouvert. Cette absence de consensus rappelle qu'au-delà des rapports de puissance, le débat continue d'être structuré par une interrogation fondamentale : celle de la place que l'Afrique entend accorder, aujourd'hui encore, aux principes anticoloniaux qui ont fondé son unité politique.
~18
Autodétermination
documentée
documentée
~21
Plan marocain
soutenu
soutenu
~15
Ambiguïté
ou incertitude
ou incertitude
Méthodologie
Ce classement repose exclusivement sur trois sources neutres et vérifiables : press.un.org (transcriptions officielles des déclarations aux comités onusiens), Security Council Report (analyse indépendante) et Human Rights Watch. Trois niveaux de certitude sont distingués : 🟢 déclaration officielle vérifiée à l'ONU, 🟡 position documentée sans source primaire onusienne récente, 🔴 classification incertaine.
Limite assumée : Entretenir des relations économiques avec le Maroc ≠ soutenir le plan marocain. Seules les déclarations politiques explicites ont été retenues pour la catégorie 2.
Limite assumée : Entretenir des relations économiques avec le Maroc ≠ soutenir le plan marocain. Seules les déclarations politiques explicites ont été retenues pour la catégorie 2.
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